Reconnaître une fausse carte Pokémon en 3 tests

Trois tests suffisent, dans cet ordre. Regardez la carte en transparence devant une lampe : une vraie carte a un cœur noir qui bloque la lumière presque entièrement, une fausse la laisse passer. Vérifiez ensuite que le bas de la carte est cohérent avec son époque, ce que nous détaillons plus bas et qui piège la plupart des contrefaçons. Comparez enfin l'épaisseur et la rigidité avec une carte dont vous êtes sûr.

Le test de la lumière d'abord

C'est le plus fiable et il ne coûte rien. Une carte Pokémon authentique est faite de trois couches, dont une couche centrale d'encre noire qui sert précisément à empêcher qu'on devine la carte par transparence pendant une partie. Placez la carte devant une ampoule : elle doit rester quasiment opaque. Une contrefaçon, imprimée sur un carton simple, laisse passer une lueur diffuse et souvent irrégulière.

Ce test a un défaut, un seul : il faut une vraie carte pour comparer la première fois. Prenez une commune d'un booster récent, elle fera parfaitement l'affaire.

L'empreinte d'époque : le test que personne n'explique

Voici l'apport de cet article, et il est redoutablement efficace parce que les faussaires copient une illustration sans se soucier de la cohérence du reste. Le bas d'une carte Pokémon est une horodateuse : la position du symbole de rareté et la présence ou l'absence d'une marque de régulation datent la carte à quelques années près.

Ce que vous voyez en bas de la carteÉpoque
Symbole de rareté à droite, aucune lettre dans un carréAvant 2017
Symbole à gauche, aucune lettre dans un carré2017 à 2019
Une lettre D, E ou F dans un carré2020 à 2022
Une lettre G ou H, plus un code de set comme SVI ou PAL2023 à 2024
Une lettre I ou J2025 à 2026
Bas d'une carte de 1999 : numéro 58/102 suivi du rond noir, à droite, sans marque de régulationBas d'une carte de 2017 : le symbole est passé à gauche, toujours sans marqueBas d'une carte de 2021 : la marque de régulation F apparaît dans un carréBas d'une carte de 2023 : marque G et code de set SVIBas d'une carte de 2026 : marque J et code de set PBL

La règle de contrôle tient en une phrase : ces indices doivent tous raconter la même histoire. Une carte présentée comme un Dracaufeu de 1999 qui porte une marque de régulation est fausse, parce que ce marquage n'existait pas. Une carte annoncée comme récente dont le symbole de rareté est à droite est fausse aussi. Et une carte dont la marque de régulation ne correspond pas à l'année du set est au minimum suspecte.

Si vous n'êtes pas sûr de reconnaître un symbole de rareté, notre guide des raretés les montre tous en zoom, sur des cartes réelles.

Ce qui ne prouve rien

Trois idées reçues font perdre du temps et font rejeter de vraies cartes.

La texture n'est pas un verdict. Les cartes modernes à illustration pleine sont gravées et l'on sent les reliefs, mais toutes les communes, peu communes et holos ordinaires sont parfaitement lisses. Une carte lisse n'est pas une fausse carte.

La brillance non plus. Le niveau de vernis varie selon les époques et les éditions, et certaines vraies cartes anciennes sont mates.

Le texte en japonais encore moins. Une carte japonaise est une vraie carte, simplement imprimée pour le marché japonais, et elle a ses propres codes de rareté.

Le doute persiste ? Les autres contrôles

L'épaisseur et la rigidité se comparent au toucher avec une carte sûre : une contrefaçon est souvent trop fine, façon papier photo glacé, ou au contraire trop épaisse et molle.

Une carte fait 63 sur 88 millimètres, sans exception : un format qui s'écarte de quelques millimètres suffit à trancher. Pour les cartes anciennes, les faux tampons « 1re édition » sont un piège spécifique, et il existe un contrôle imparable. Les deux marquages n'ont jamais coexisté : les éditions occidentales estampillées 1re édition datent des débuts du jeu, alors que les marques de régulation, cette lettre en bas de carte, n'apparaissent qu'à partir de fin 2019. Sur les 940 cartes occidentales marquées 1re édition de notre catalogue, aucune ne porte de lettre de régulation. Une carte qui affiche les deux est donc fausse, sans autre examen. Et pour les cartes dorées, qui concentrent l'essentiel des contrefaçons, la question mérite son propre guide : il y a deux familles d'or officielles, séparées par un facteur cent.

Comment ne pas en acheter

La prévention vaut mieux que l'expertise. Les contrefaçons circulent surtout par lots à bas prix sur les places de marché généralistes, et presque jamais en produit scellé acheté chez un distributeur officiel. Un lot de cent cartes rares à vingt euros n'est pas une bonne affaire, c'est une réponse à votre question.