Les cartes Pokémon d'ANA, et l'avion qu'on y a ajouté

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12 cartes

Flying Pikachu (“Get in a Jet! Double Chance Campaign” 1998) — Unnumbered PromosDragonite (“Get in a Jet! Double Chance Campaign” 1998) — Unnumbered PromosFlying Pikachu (“Everyone's Happy Campaign” 1999) — Unnumbered PromosArticuno (ANA 1999) — Unnumbered PromosMoltres (ANA 1999) — Unnumbered PromosZapdos (ANA 1999) — Unnumbered PromosMarill (ANA 2000) — Unnumbered PromosTogepi (ANA 2000) — Unnumbered PromosPikachu #4/P — P PromosLarvitar #5/P — P PromosPikachu #153/PCG-P — PCG PromosSea's Manaphy #154/PCG-P — PCG Promos

Entre 1998 et 2006, la compagnie aérienne japonaise ANA a fait imprimer douze cartes Pokémon. Aucune n'a jamais été vendue, aucune n'est jamais sortie du Japon, et aucune ne porte le logo de la compagnie.

Pour en obtenir une, il fallait prendre l'avion, découper les talons de deux cartes d'embarquement, les coller sur une carte postale spéciale et la poster. C'est le seul moyen qui ait jamais existé.

Le mécanisme, inchangé pendant quatre ans

Le dispositif est le même de 1998 à 2001, et il est d'une simplicité administrative. Deux talons de cartes d'embarquement sur vols intérieurs, collés sur une carte postale d'inscription dédiée, que l'on trouvait aux comptoirs d'aéroport, dans les agences ANA et à bord. Un timbre à 50 yens. Une carte postale égale une participation, et le nombre de participations n'était pas limité.

Les nourrissons et les billets gratuits étaient exclus, ce qui dit assez ce que la campagne visait : faire acheter des billets à des familles. Le communiqué ANA de 1998 le formule sans détour, sous le slogan « papa prend l'avion, mon rêve ».

Il y avait un second lot, tiré au sort, qui n'était pas une carte. En 1998, 4 000 blousons et 1 000 Game Boy Color violettes. En 2000, 500 appareils photo numériques et 500 téléviseurs. Ce sont les seuls chiffres que la compagnie ait jamais publiés sur ces campagnes. Le nombre de cartes distribuées, lui, n'a jamais été rendu public.

Les deux cartes de 1998, premier millésime de la campagne : le Pikachu volant et le Dracolosse.

L'avion, et où il se trouve

Le Pikachu volant existe en trois tirages japonais, et c'est la meilleure façon de comprendre ce qui fait qu'une carte est une carte ANA.

Le premier vient d'un encart CoroCoro de 1997 : Pikachu accroché à des ballons, ciel bleu, nuages, rien d'autre. Le deuxième est la carte ANA de 1998 : même niveau 12, mêmes ballons, mais un avion de ligne a été ajouté à droite, et les nuages ont été redessinés autour. Le troisième est la carte ANA de 1999 : le Pikachu passe au niveau 11, il fait un clin d'œil, les ballons doublent, le ciel devient un jeu de bandes horizontales, et l'avion est passé en bas à gauche.

Autrement dit, ANA n'a pas commandé une illustration nouvelle. Elle a fait ajouter un avion à une illustration qui existait déjà, puis l'a fait redessiner l'année suivante en déplaçant l'avion. C'est la seule marque de la compagnie sur ces deux cartes : ni logo, ni livrée reconnaissable, ni mention imprimée. Un jet gris générique.

Le même avion revient plus tard, mais discrètement. Sur le Pikachu 004/P de 2001, une petite forme allongée passe dans le ciel au-dessus des oreilles. Sur le Manaphy 154/PCG-P de 2006, la silhouette d'un quadriréacteur se détache nettement sur les nuages crépusculaires. Sur les autres cartes de ces mêmes campagnes, le Dracolosse de 1998, l'Embrylex de 2001, le Pikachu de 2006, il n'y a aucun avion. Dans chaque paire, une seule carte porte le signe.

Les trois oiseaux de 1999 ne font qu'une image

La campagne de 1999 était découpée en deux fenêtres de vol. Juin et juillet donnaient droit au Pikachu volant et à Artikodin. Août et septembre donnaient Sulfura et Électhor.

Mis côte à côte, les trois oiseaux forment une seule illustration continue : les fonds bleu, orange et rose se raccordent, et les étoiles jaunes traversent les trois cartes. Toshinao Aoki a peint un triptyque, pas trois cartes. C'est la seule fois où ANA a obtenu quelque chose de cet ordre.

Ces trois illustrations sont aussi les seules du corpus ANA à être sorties du Japon. Elles ont été rééditées en anglais dans Supreme Victors, en 2009, sous les numéros 148, 149 et 150. Sans avion, et sans le moindre rapport avec une compagnie aérienne : à ce stade, l'image ne dit plus rien de son origine.

1999 : le Pikachu volant de la première fenêtre, puis les trois oiseaux. Mis côte à côte, Artikodin, Sulfura et Électhor forment une seule illustration continue.

2000, la seule année où la carte le dit

Marill et Togepi, distribués en 2000, sont les deux seules cartes ANA à porter une mention imprimée. En bas à droite de la bordure, on lit 「ANAスペシャル2000バージョン」カード, « carte version spéciale ANA 2000 ». Nous l'avons lue directement sur les scans agrandis.

Ce sont aussi les deux cartes les plus étranges du lot sur le plan visuel. Là où tout le reste est dessiné, celles-ci sont des photo-compositions : une vraie photographie de coucher de soleil sur la mer pour Marill, des palmiers en contre-jour pour Togepi, avec le Pokémon modélisé en volume par-dessus. Les crédits portent « Ryuta Kusumi / CR CG gangs », un studio d'images de synthèse, pas un illustrateur de cartes.

Et c'est l'année où la récompense se dégrade sans le dire : jusque-là deux talons donnaient droit à un jeu de deux cartes, en 2000 les deux talons ne donnent plus qu'une seule carte.

Marill et Togepi, 2000. Les deux seules cartes ANA à porter une mention imprimée, et les deux seules composées à partir de photographies.

2001 et 2006, la fin

En 2001, les deux cartes passent au format Pokémon Card e, avec les bandes de code à points sur les bords qui se lisaient avec le lecteur du Game Boy Advance. Ce sont les seules cartes ANA numérotées, 004/P et 005/P.

En 2006, la dernière campagne accompagne un tarif estival appelé 「ピカ夏旅割」. Et le mécanisme change enfin : la page officielle d'ANA écrit que la carte était offerte aux enfants voyageant à bord, sans envoi postal. Bulbapedia décrit au contraire le vieux système de talons à renvoyer. Les deux versions sont incompatibles et nous n'avons pas trouvé de communiqué d'ANA sur cette campagne pour trancher.

Après 2006, plus aucune carte. Ce qui ne veut pas dire que le partenariat s'est arrêté.

La fin : les deux cartes au format Pokémon Card e de 2001, puis les deux dernières de 2006.

Neuf avions décorés, deux campagnes de cartes

Le premier Pokémon Jet vole le 16 juin 1998 et entre en service commercial le 2 juillet. Suivent une version internationale en 1999, une version 1999 dessinée par des écoliers, un Pikachu Jumbo en 2004, un Peace Jet en 2011, un Pikachu Jet NH en 2023, un Eevee Jet NH la même année, et une flotte rouge, verte et bleue annoncée en 2026 pour les trente ans de la marque.

Sur ces neuf livrées, deux seulement ont donné des cartes, celle de 1998 et celle de 1999. Toutes les autres ont produit des goodies, des pin's, des housses d'appuie-tête, des autocollants d'embarquement, et parfois des Pokémon distribués dans les jeux vidéo, ce qui n'est pas la même chose. La confusion est facile et elle est partout : un avion décoré n'est pas une carte.

Pour la flotte de 2026, le cadeau d'embarquement annoncé est un autocollant. Aucune carte.