32 cartes
Sur une carte Pokémon, la petite case en bas à droite de l'illustration porte toujours le nom de l'illustrateur. Sur les quatorze cartes distribuées au PokéPark de Nagoya en 2005, cette case contient autre chose: le logo de l'attraction où la carte a été remise. Le manège, la grande roue, le safari, chacun a son lettrage propre, dessiné dans son style, imprimé à la place d'un nom d'artiste.
C'est le seul endroit du jeu Pokémon où cela s'est produit. Pendant six mois, la carte n'a pas été un objet promotionnel accompagnant une attraction: elle a été le talon du ticket.
Trois parcs en vingt et un ans
On parle du PokéPark comme d'une chose, il y en a eu trois, et elles n'ont presque rien en commun.
| Nagoya 2005 | Taipei 2006 | PokéPark Kanto | |
|---|---|---|---|
| Ouverture | 18 mars 2005 | 23 juin 2006 | 5 février 2026 |
| Fermeture | 25 septembre 2005 | 24 septembre 2006 | en exploitation |
| Durée | 192 jours sans un jour de repos | 94 jours | permanent |
| Entrée | gratuite, attractions payantes | payante, attractions incluses | de 4 700 à 16 500 ¥ |
| Visiteurs | environ 4 150 000 | non publié | non publié |
| Cartes produites | 32 | distribution d'un Jirachi | aucune |
Celui de Nagoya n'était pas un parc autonome. Son nom administratif complet le dit: « projet satellite de Sasashima de l'Exposition universelle 2005 ». Il a ouvert une semaine avant l'Exposition d'Aichi et fermé le même jour qu'elle, et des navettes reliaient les deux sites. Celui de Taipei devait être le deuxième d'une série annuelle prévue jusqu'en 2010, dans plusieurs pays. Il n'y a pas eu de troisième avant vingt ans.
Dix-huit cartes vendues, deux pochettes, deux illustrateurs
Le jour de l'ouverture, le parc met en vente les PokéPark Premium Files: deux pochettes plastique de neuf cartes chacune, vendues séparément 735 yens. Elles n'étaient pas tout à fait exclusives à l'enceinte, puisqu'on les trouvait aussi à la boutique Toys "R" Us installée à côté.
PokéPark's Celebi#1
PokéPark's Torchic#2
PokéPark's Mudkip#3
PokéPark's Pikachu#4
PokéPark's Latias#5
PokéPark's Latios#6
PokéPark's Whismur#7
PokéPark's Munchlax#8
PokéPark's Jirachi#9Les Pokémon de propriétaire portent normalement le nom d'un dresseur ou d'une organisation. Ici le propriétaire est un parc d'attractions qui existait vraiment, dans le quartier de Nakamura à Nagoya, à dix minutes à pied de la gare. C'est un des très rares cas où un lieu du monde réel devient propriétaire de Pokémon dans le jeu.
On lit souvent que ces pochettes auraient été tirées à mille exemplaires chacune. Ce chiffre circule depuis des années sans qu'aucune source ne l'accompagne, et aucun tirage officiel n'a jamais été publié pour une carte PokéPark, quelle qu'elle soit.
Quatorze cartes données, une par attraction
L'autre moitié du corpus ne s'achetait pas. Chaque attraction du parc remettait sa carte au visiteur qui venait de l'utiliser. Pas de tirage au sort, pas d'achat de produit, pas de tournoi: la carte était la contrepartie du ticket.
| Attraction | Carte | Prix |
|---|---|---|
| Le bateau tournant de Lugia | 038 Lugia | 500 ¥ |
| Le manège Pokémon | 039 Suicune | 600 ¥ |
| Le petit train des frères Pichu | 040 Goinfrex du PokéPark | 500 ¥ |
| Battle Coaster Rekkū | 041 Rayquaza | 600 ¥ |
| Team Aqua contre Team Magma, autos tamponneuses | 042 Groudon | 500 ¥ |
| La forêt de Pikachu | 043 Pikachu du PokéPark | 600 ¥ |
| Le voyage sous les étoiles | 044 Celebi du PokéPark | 600 ¥ |
| Le bateau de promenade d'Altomare | 045 Latios du PokéPark | 600 ¥ |
| Le mini-tour des Pokémon danseurs | 046 Chuchmur du PokéPark | 500 ¥ |
| La grande roue Pokémon | 047 Poussifeu du PokéPark | 800 ¥ |
| L'aventure aquatique de Gobou | 048 Gobou du PokéPark | 600 ¥ |
| Le safari Pokémon | 049 Tauros | 900 ¥ |
| Mew et Lucario, le héros de l'aura | 093 Lucario de l'Aura | ouverte le 19 juin |
| À la recherche de Mew, au cinéma voisin | 050 Jirachi du PokéPark | hors du parc |
Lugia#38/PCG-P
Suicune#39/PCG-P
PokéPark's Munchlax#40/PCG-P
Rayquaza#41/PCG-P
Groudon#42/PCG-P
PokéPark's Pikachu#43/PCG-P
PokéPark's Celebi#44/PCG-P
PokéPark's Latios#45/PCG-P
PokéPark's Whismur#46/PCG-P
PokéPark's Torchic#47/PCG-P
PokéPark's Mudkip#48/PCG-P
Tauros#49/PCG-P
PokéPark's Jirachi#50/PCG-PLa quatorzième carte, que les recensements avaient perdue
Les listes de collectionneurs comptent treize cartes d'attraction, le bloc continu de 038 à 050. Le livret de bilan édité par The Pokémon Company à la fermeture du parc en annonce quatorze, en toutes lettres.
La quatorzième est le Lucario de l'Aura, numéro 093, et son isolement s'explique. Les treize autres ont été conçues pour l'ouverture du 18 mars. L'attraction à laquelle elle correspond, un parcours à pied consacré à Mew et à Lucario, n'a ouvert que le 19 juin 2005, trois mois plus tard. D'où un numéro situé quarante rangs plus loin dans la série.
La conséquence pratique est simple: les fiches qui datent cette carte de mars 2005, comme les treize autres, se trompent. L'attraction n'existait pas encore.
Ce que la carte imprime, et où
Deux marques distinguent ces trente-deux cartes, et elles occupent chacune la place d'un élément standard.
La première est un médaillon ovale bleu portant « PokéPark » en lettres jaunes, avec en dessous « Pokémon The Park 2005 ». Il est posé dans le corps de la carte, sous le bloc des attaques, juste au-dessus de la ligne de faiblesse et de résistance. Il ne remplace rien: le bas de la carte garde sa case habituelle, où les promos affichent l'étoile noire et les cartes de pochette leur propre symbole, un arbre pour Forest et une montagne pour Blue. Le médaillon apparaît sur les trente-deux cartes, et c'est lui qui identifie la série.
La seconde ne concerne que les cartes d'attraction, et c'est celle qui n'a pas d'équivalent ailleurs. La case du crédit d'illustrateur est occupée par le logo de l'attraction. Sur la carte du Pikachu, on lit « la forêt de Pikachu » en lettrage vert sur un feuillage. Sur celle du Tauros, « le safari Pokémon » en orange entre deux Poké Balls. Sur celle du Latios, le titre du bateau d'Altomare flanqué à gauche d'une queue bleue et à droite d'une queue rouge.
Ce choix a un coût: l'illustrateur des quatorze promos n'est crédité nulle part, et son identité n'est pas connue. Ce n'est pas une lacune de recherche, c'est une conséquence directe de la mise en page.
Un parc gratuit où l'argent liquide était refusé
L'entrée ne coûtait rien, mais aucune attraction ne se payait en espèces. Tout passait par la monnaie électronique Edy, sans exception à l'intérieur du parc, en 2005, sur un public d'enfants. Le parc a fait fabriquer ses propres cartes Edy à motifs originaux, dont une au visuel du film Lucario, une vendue en exclusivité dans les supérettes du Tokai, du Hokuriku et du Kansai, et trois modèles proposés en prévente dès novembre 2004.
C'est un piège classique pour qui achète du PokéPark aujourd'hui: ces cartes de paiement circulent encore, elles portent le logo du parc, elles ressemblent à des cartes, et elles n'ont aucune valeur de jeu.
Le même principe animait le titre de « PokéPark Master ». Avec une seule carte Edy, un visiteur qui avait fait les douze attractions du parc et une partie au Game Corner était certifié et repartait avec des cadeaux. La carte de paiement servait de carnet de tampons.
Le parc lui-même était pour moitié d'occasion. Une bonne partie des attractions venaient de Rinku Papara, un parc d'Izumisano fermé en 2004, démonté puis remonté à Nagoya et redécoré aux couleurs Pokémon. Après la fermeture, les montagnes russes et le bateau d'Altomare ont été revendus à un parc marin de la péninsule de Chita, où le premier tourne toujours sous le nom de Sea Dragon Coaster.
Le parc permanent ne fait plus de cartes
PokéPark Kanto a ouvert le 5 février 2026 dans l'enceinte de Yomiuriland, à Inagi, dans l'ouest de Tokyo, sur 26 000 mètres carrés. C'est le premier PokéPark permanent, et il ne produit aucune carte à collectionner.
Les récompenses de visite existent, mais elles sont numériques: des médailles dans l'application Pokémon HOME, dont une pour les plaques d'égout Pokémon posées dans la ville-décor du parc. Une animation photo remet bien un accessoire en forme de carte, servant de cadre pour photographier un Pokémon, puis un autocollant au motif de carte. Ce sont des objets de décor, pas des cartes de jeu.
L'écart entre les deux modèles est frappant. En 2005, la carte servait à faire entrer les visiteurs dans les attractions, et elle valait exactement le prix d'un tour de manège. Vingt et un ans plus tard, l'objet de collection du parc est un pin's vendu en capsule opaque, cent cinquante et un modèles pour les cent cinquante et un Pokémon de Kanto, dont certains se revendent bien au-delà de leur prix.
Satoshi Tajiri raconte dans le livret de bilan de 2005 qu'il avait eu l'idée d'un parc Pokémon vers 1997, et qu'il estimait alors que ce serait déjà formidable si le projet aboutissait dans les dix ans. Il aura fallu huit ans pour le parc temporaire, et vingt-neuf pour le permanent.












































